Lu dans l’infolettre de l’excellente revue Kometa ces mots de Shumona Sinha :
Je suis ouvrière de mots. Mon écriture est un cheval têtu qui s’abreuve aux tribulations politiques. La nuit je le dresse dans mes livres, le jour il casse quelques pots sur les réseaux sociaux. Je suis née dans un pays, l’Inde, qui a été colonisé par les Britanniques et qui, après plus d’un demi-siècle de règne de la droite-extrême ultralibérale, se trouve sous le régime de l’extrême-droite hindouiste. Marxiste et athée, après mes années communistes à Calcutta, je suis arrivée en France pour entrer dans l’âge adulte, poursuivre mes études supérieures à l’Université Paris Sorbonne et au lieu de faire une thèse, j’ai commencé à écrire des romans. Mes livres – Assommons les pauvres, Calcutta, Apatride (L’Olivier) et Le Testament russe, L’autre nom du bonheur était français, Souvenirs de ces époques nues (Gallimard) – exposent les années d’oppression, parfois sanguinaire, d’un peuple où les amours sont parfois un mirage, parfois un radeau de sauvetage, inextricables des rêves collectifs. En France il est encore très difficile de démystifier l’Inde, de défaire la fascination générale pour les produits culturels hindous, de démanteler la machine à propagande mensongère manœuvrée par les indologues alliés de l’Hindutva ou du projet de faire émerger l’Inde comme une nation hindoue.
C’est développé en cliquant ici.

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